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Ce blog est un espace d'expression. Il a pour ambition de s'inscrire dans le débat politique, social et sociétal. "Ouvertures" signifie que le débat y est possible dans le respect des valeurs qui président à des débats démocratiques: écoute, respect des individus, sincérité ... C'est un espace dans lequel tous et toutes sont invités à s'exprimer. c'est par le débat que les idées progressent et s'enrichissent. Pour ceux et celles qui le souhaitent, il est possible de s'abonner, en suivant les indications sous la rubrique "s'abonner", situé à la droite de l'article.

Dimanche 7 Mai, je choisi la liberté et la Démocratie

Ce WE du Premier Mai a vu une digue céder. En même temps qu’il constitue le déshonneur de Dupont Aignan, ce ralliement à Marine Le Pen, donne à voir la porosité qu’il existe entre une partie de la droite conservatrice et réactionnaire et le Front National.

Plus nous approchons du 7 Mai, plus le choix qui nous est proposé pour le 2° tour est clair. C’est un choix politique et philosophique majeur. C’est tout simplement le choix de la démocratie.

Tout ne se vaut pas

Ne faire de ce deuxième tour qu’une question programmatique est non seulement une erreur, mais une faute politique. Tout ne se vaut pas. La différence entre Le Pen et Macron, ce n’est pas qu’une question de programme économique, social ou européen.

La différence porte sur la nature du régime dans lequel seront mis en œuvre ces programmes.

D’un côté un régime démocratique dans lequel Emmanuel Macron affirme clairement son attachement "Demain, plusieurs de ceux qui me soutiennent combattront mon projet. Mon combat est que vous puissiez librement le faire".

De l’autre un régime d’ordre et de répression que Marine Le Pen revendique en faisant l’amalgame entre les violences en marge des manifestations et les manifestations elles-mêmes : « C'est cette chienlit et ce laxisme que je ne veux plus voir dans nos rues »

Donner du relief à nos choix politiques

A ceux et celles qui se sont laissé enfermés dans une vision très réductrice que Marine Le Pen a voulu donner de Macron et partagée au-delà, je leur conseille, si une porte de leur esprit reste entrouverte, de relire ou de lire l’interview[1] qu’Emmanuel Macron a accordé au Journal « Le 1 » à Éric Fottorino, le 8 Juillet 2015, bien avant que celui-ci ne soit candidat et avant même la création de son mouvement.

Par ce qui y est exprimé, ils se rendront compte que Macron ne se résume ni à un banquier, ni à un programme. Assistant de Paul Ricœur avant d’être banquier, il se nourrit de la philosophie et du réel pour y développer une conception de la politique, de la philosophie, de la démocratie.

On peut être en désaccord avec son programme. Je le suis sur un certain nombre de point. Mais j’aime son approche de la démocratie, j'aime le lien qu'il entretient entre la pensée et l’action, j'aime sa vision de l'espace démocratique fait de liberté, de confrontations d'idée et de prise de risque dans une action toujours imparfaite au regard de la pureté des principes et de la pensée, avec les lesquels il doit toujours y avoir un va et vient.

« Nous vivons un moment de tâtonnement démocratique. La forme démocratique est tellement pure et procédurale sur le plan théorique qu’elle a besoin d’incarnation momentanée : Elle doit accepter des impuretés si elle veut trouver une forme concrète d’existence. C’est la grande difficulté… . La philosophie est une discipline qui ne vaut rien sans la confrontation au réel. Et le réel ne vaut rien sans la capacité qu’elle offre de remonter au concept. Il faut donc accepter de vivre dans une zone intermédiaires faite d’impuretés, où vous n’êtes jamais un assez bon penseur pour le philosophe et toujours perçu comme trop abstrait pour affronter le réel. Il faut être dans cet entre-deux. Je crois que c’est l’espace politique ».

Si comme je l’ai dit je n’adhère pas à tout son programme, j’adhère par contre à cette approche de la démocratie et du politique.

La domination de l’immédiat, de l’évènementiel nous impose un monde sans relief où tout se vaut. De la mËme façon qu'on finirait par croire que la terre est plate, on finirait par croire que toutes les paroles se valent. Cette banalisation est aussi dangereuse qu’une randonnée dont les marcheurs ignoreraient les reliefs et leurs pièges.

Alors pour éviter le pire, redonnons du relief à nos choix politiques.

Voter Macron est la seule solution pour rester dans un espace libre et démocratique

Gaby BONNAND

 

[1] « J’ai rencontré Paul Ricoeur qui m’a rééduqué sur le plan philosophique » Le 1 du 8 Juillet 2015 « Macron, un philosophe en politique »

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J
Il y a aussi dans cette période une occasion de (ré) inventer le choix électoral. On ne choisit jamais une solution magique comme nous suggère les candidats façonnés pour partie par les médias, mais comme le soulignez R. Aaron : un choix pour éliminer le pire. Choix qui ne peut pas dire soumission comme nous invite trop souvent l'idée d'une légitimité républicaine qui se voudrait un blanc-seing pour le mandat avec comme conséquence que le programme des politiques devient un pachwork qui tient mal face à la dure réalité de la vie politique. <br /> La candidature de Macron nous oblige comme tu le soulignes à penser différemment le vote et l'implication dans les choix ultérieur. <br /> Amicalement <br /> Jean Pierre
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L
J'ai beaucoup apprécié cette métaphore avec la randonnée dont seuls les efforts constants et la vigilance permettent la satisfaction et une certaine réalisation de soit .<br /> Le confort indécent et aveugle dans lequel beaucoup se complaisent aujourd'hui face à la montée des extrêmes, trouve sa source dans la banalisation quotidienne de ces idées de la part de la part d'un nombre grandissant de citoyens et de responsables.<br /> Dans le monde associatif, dans les familles, à l'école et même dans nos organisations, parler politique est devenu presque Tabou, tandis que la parole extrémiste et raciste s'est peu à peu libérée dans ces même lieux laissant admettre à tous que cela devenait une normalité.<br /> Heureusement ,depuis plusieurs années la CFDT, (organisation dans laquelle je me retrouve et adhère), comme beaucoup d'autres acteurs de la démocratie, construisent des ponts entre l' Europe et le reste du monde. <br /> Par leurs paroles et demain leurs actes, le FN construit des murs ! Ne les laissons pas faire !!!<br /> Rémy
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