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Je trouve que le débat autour de la vaccination et  ses effets sur les libertés individuelles poussant certain à considérer que nous vivons en dictature, est ridicule, indécent et dangereux.

Si les propos caricaturaux visant à démontrer que nous vivons en dictature doivent être combattus radicalement, attention de ne pas alimenter des polémiques stériles par des approches politiciennes.

La démocratie dans laquelle nous vivons est notre bien commun qui ne doit rien au hasard. Elle est une construction historique qui est loin d'être linéaire et dont nous sommes tous les dépositaires, non pas comme des conservateurs de musée, mais comme des acteurs personnellement et collectivement engagées dans son approfondissement et son développement.

La lutte contre tout ce qui affaiblit la démocratie nécessite de replacer cette dernière dans l’histoire de cette construction jamais achevée, toujours perfectible.

La démocratie est tout sauf quelque chose de figer. La démocratie ne se résume pas à être le contraire d'une dictature, comme si il s'agissait de 2 données existantes par elle mêmes comme des situations établies et statiques.

Par essence, la démocratie est toujours inachevée et la figer comme le contraire d'une dictature, l'atrophie. En la situant ainsi, ne risque-t-on pas de diffuser l'idée, qu'au regard de ce qui se passe dans des régimes autoritaires voir dictatoriaux (dont le nombre progresse), il nous faut relativiser l'importance du combat pour que progresse la démocratie chez nous et nous satisfaire ce que l'on a?

Ce risque est un danger permanent pour la démocratie, identique au risque que prendrait un cycliste qui s'arrêterait de pédaler pour se satisfaire d'un confort momentané de roue libre. Mais quand un cycliste n'est plus en mouvement, il tombe. De même quand la démocratie n'est plus en mouvement elle dépérit.

Il y a me semble-t-il un autre risque à avoir des débats binaires comparatifs entre démocratie et dictature. Le risque consiste à situer ce débat dans un temps politique donné, par nature court, opposant aujourd’hui des anti Macron qui serait un dictateur et les défenseurs de Macron faisant de ce denier la seule figue de la démocratie.

Le combat contre la bêtise, l'obscurantisme, la haine de la démocratie qui nourrissent le complotisme, passe par une permanence dans l'exigence vis à vis de nos démocraties.
Plus que de discours de comparaison, c'est de pratique d'approfondissement de la démocratie dont nous avons besoin.

Gaby Bonnand