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Je viens de terminer la lecture du livre de Michel Wieviorka « Métamorphose ou déchéance. Où va la France ?"

C’est un livre qui invite à prendre de la distance et de la hauteur. Il nous sort la tête du guidon pour refaire un tour dans l’histoire et chercher les raisons pour lesquelles la distance s’est creusée entre les citoyens et ce que Michel Wieviorka appelle « l’État politique » (le pouvoir élu) et « l’État permanent » (l’administration et notamment la haute administration). Mais il ne se limite pas à cela. C’est aussi toutes les institutions et leur rapport avec les réalités concrètement vécue par les individus, durant les décennies qui nous séparent de la fin de la guerre, qui sont en quelques sortes passés au crible.

Ce n’est pas un livre qui juge, qui culpabilise. C’est un livre, par contre sans concession qui délivre des analyses et des critiques à la lumière de ce qui est fait, dit et pas à partir de jugement à l’emporte-pièce. C’est un livre qui n’hésite pas à nommer les choses, tout en ne tombant jamais dans le simplisme du binaire. Un livre qui invite à une pensée complexe pour aborder les questions relatives au travail, aux inégalités, au racisme, à l’identité, l'immigration, à la laïcité, à tous les sujets qui crispent aujourd’hui la société.

Pour ma part ce livre m’invite à relire ma propre histoire, mes propres engagements, non pas pour y trouver des motifs de satisfaction ou au contraire des motifs de regret. Non mais un livre qui nous invite à regarder cette histoire comme acteurs engagés dans celle-ci, et non pas comme spectateur se contentant de commenter.

Un livre à lire. Le propos est parfois dur, car rigoureux, parfois sombre quant aux perspectives mais ouvrant aussi sur de ‘espoir, car l’histoire n’est pas écrite d’avance et le pire n’est jamais certain comme le rappelle l’auteur à la fin de son livre, avant de conclure

« Oui la déchéance menace, l’affaissement, et l’avènement, peut-être aussi, d’un pouvoir illibéral adossé à des anti-mouvements sociaux, à la haine, à la méfiance, au ressentiment.
Il avait été envisagé au départ d’intituler le programme du Conseil National de la résistance « les jours heureux » - un programme que le générale de Gaulle avait approuvé, Le moment n’est-il pas venu de préparer des jours heureux ?»

 

Livre: Michel WIEVIORKA: Métamorphose ou déchéance. Où va la France? Édition Rue de seine